Création le 31 décembre 2019
Cet article est la suite de l'article "Maroc et Europe 1"
https://marockersco.blogspot.com/2019/09/maroc-et-europe-1.html
Moulay Abd Allah, qui meurt en 1753, favorise le négoce ainsi que le rachat des captifs chrétiens en échange de prisonniers musulmans ; il est aussi le premier sultan alaouite à conclure, en 1750, un traité de paix et de sécurité avec un État européen, la Hollande. Son fils, Moulay Ismaïl, suivra sa voie.
Les trente années de crises politiques et militaires qui suivent la mort de Moulay Ismaïl s’accompagnent de changements démographiques qui transforment durablement la physionomie du Maroc : la poussée des montagnards du Rif, du Moyen et du Haut Atlas vers la plaine est accélérée par divers fléaux : disette, sécheresse, sauterelles, inondations, épidémies et tremblements de terre.
Les petits pois, les fèves et les lentilles deviennent des denrées de luxe que l’on compte grain par grain … le plus terrible est l’épidémie de peste de 1799, pendant laquelle le Royaume perd la moitié de sa population. On va jusqu’à interdire le pèlerinage à la Mecque jusqu’en 1827.
La population fait l’admiration des visiteurs étrangers par sa sobriété et son endurance physique, tandis que les rares voyageurs marocains admirent réciproquement les avancées technologiques de l’Europe.
Sultan de 1757 à 1790, Sidi Mohamed est un personnage simple et pieux. Il organise l’armée marocaine en achetant à l’Espagne canons et munitions ; il achète aussi des navires et fortifie les villes côtières. Animé par le devoir de guerre sainte, il veut chasser les Chrétiens du littoral marocain, et libère El-Jadida des mains des Portugais. Il fait construire le port d’Essaouira (Mogador), pour le commerce mais aussi pour la guerre des corsaires. Il signe des traités de commerce avec la plupart des États européens qui envoient des Consuls au Maroc.
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| Mogador |
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| Frégate marocaine |
Après la conquête de l’Algérie, où les Français mettent fin à 3 siècles de domination turque, le Maroc ouvre un nouveau chapitre dans les relations de son pays avec l'Europe.
Au demain de la bataille de l'Isly, les relations franco-marocaines ont connu une étonnante lune de miel dont les manifestations les plus spectaculaires ont été la traque commune de l'Émir Abd el-Kader et le voyage officiel en France du représentant du Sultan.
Ce revirement a été facilité par l'éclipse britannique des Affaires Chérifiennes, grâce à la maîtrise du Chargé d'affaires Edme de Charteau et de son adjoint Léon Roche. (Sur Léon Roche, voir dans https://uniondesmeds.com/au-bonheur-des-pdf/
"Dix ans à travers l'Islam")
L'artillerie marocaine est instruite par des soldats français, les milieux d'affaire fleurissent et le "Véloce" rallie Tanger à Oran en seulement 12 jours. Sur le Véloce et Alexandre Dumas :
http://dakerscomerle.blogspot.com/search/label/a%2079%20-%20GUERILLA%20A%20DJEMILA
Les voyageurs et les ambassadeurs marocains en Europe admirent les progrès de l'Occident dus à l'efficacité de son administration, de son agriculture, et de l'éducation de sa population. Après la révolution française de 1848, les Anglais reprennent pied au Maroc.
Mais les Espagnols estiment avoir des droits historiques au Maroc. En 1859, un banal incident de frontière met le feu aux poudres de la Reconquista. Le traité de paix de 1860 est désavantageux pour le Maroc qui doit céder une partie de son territoire et payer une dette énorme, qui le met au bord de la faillite.
Mais le commerce maritime du Maroc connaît un essor remarquable, du moins jusquà l'effroyable famine de 1878, suivie par une épidémie de typhus et de choléra. Puis l'essor de la marine à vapeur favorise l'immigration européenne et l'ouverture du Maroc aux pays étrangers.
La publication des premiers journaux, l'établissement de services postaux, l'ouverture de lignes de chemin de fer et l'exploitation minière contribuent à la modernisation de l'économie.
En 1880, l'armée française entre en Tunisie : le traité du Bardo instaure le protectorat. Mais sous Moulay Hassan, le Maroc a encore suffisamment d'énergie pour résister aux tentatives européennes, qui estiment que dans les régions du sud, des territoires faiblement habités n'appartiennent à personne.
Après l'incident de Fachoda, en mars 1899, le Royaume Uni accepte de reconnaître la prépondérance des intérêts français au Maroc. Puis, en 1904, la "Nouvelle Entente" franco-britannique permet à la France d'agir à sa guise dans le royaume chérifien.
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| Conférence d'Algésiras |
Treize pays participent à la conférence d'Algésiras où est signé en 1906 un protectorat international sur le Maroc qui donne raison à la France : En 1908, plus de 50% des échanges extérieurs du Maroc s'effectuent déjà avec la France, qui dépasse ainsi pour la première fois l'Angleterre et les autres puissances européennes commerçant avec le Royaume chérifien.
Ce traité suscite l'indignation de la population marocaine ; l'agitation gagne tout le pays. Le général Lyautey reçoit l'ordre de "prendre en gage" Oujda ; Casablanca est bombardé par les navires de guerre français. Moulay Abd al-Hafid, le nouveau sultan, est reconnu par les puissances européennes, mais peine à reprendre en main l'économie du Maroc et doit accepter le traité de Fez, sous la protection de l'armée française ... Consternation au Maroc, tandis que les biens du Maghzen sont pillés.
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| Noces juives |
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| Lyautey en 1920 |
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| Tirailleurs marocains 1914 |
https://marockersco.blogspot.com/2015/09/freres-darmes-marocains-1.html
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| L'essor de l'aviation |
Mais le Protectorat est sur la défensive de 1934 à 1953 : la crise de 1929 engendre un climat favorable à la multiplication des foyers de mécontentement. Les jeunes Marocains n'apprécient plus une tutelle qui leur est imposée, à l'aube d'un monde moderne.
Et pourtant la contribution des Marocains à la France envahie est à nouveau exceptionnelle : ![]() |
| Avant l'assaut |
Le parti de l'Istiqlâl engage un mouvement d'émancipation qui est contré avec l'aide du pacha de Marrakech, Si Thami el-Glaoui. Le Sultan Mohammed ben Youssef est déposé le 20 août 1953, et mis en résidence surveillée à Calvi, puis à Madagascar. Il revient à Rabat le 17 novembre 1955 incarner le Maroc presque tout entier (les populations berbérophones sont quelque peu oubliées). Mais en 1965, l'enlèvement de Ben Barka à Paris réintroduit une dimension passionnelle dans l'histoire des relations entre la France et le Maroc.
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| Mineurs marocains |
L'accession au trône de Mohammed VI en 1999 a été l'amorce positive d'un développement économique et social, mais aussi a mis en valeur l'influence de la diaspora, alors que les politiques d'immigration des pays européens deviennent plus restrictives.
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| Elèves marocains de l'ESTP sur fond de Notre Dame |
CONCLUSION
Si, dans l'histoire des relations entre le Maroc et l'Europe, les périodes d'échange intense engendrent une richesse matérielle et humaine, il y a eu le doute qui engendre une crise qui force au changement.
Aujourd'hui, c'est à nous tous qu'il revient de dessiner les contours des nouvelles formes de relation entre le Maroc et l'Europe, pour de nombreux siècles encore, dans le regard de l'autre.










